Carbon Airways c’est un duo dirty électro-punk formé par Eléonore et son frère Enguérand. Elle a 15 et lui 14 ans. Ok, ce sont des teen’s mais ils balancent, ils surprennent et provoque l’admiration avec un son furieux brut de pomme fusionné avec leurs voix surexcitées et des synthés frénétiques. A eux deux, ils ne sont pas moins qu’un stimulant naturel fortement conseillé. Leur style se caractérise par une absence totale de style bien qu’ils ne sont pas sans rappeler Crystal Castles ou Ministry ! Le plus jeune duo de la planète électro a ainsi réussi à faire danser plusieurs milliers de festivaliers avec des beats survitaminés aux tendances acidcore, ils ont tout simplement fait sensation aux Transmusicales ! Et je suis sûre qu’on n’a pas fini d’entendre parler d’eux.




Lesly Lynch : Quelle est votre histoire ? Comment/Quand/ Pourquoi avez-vous décidé de créer ce groupe ?
Eléonore : En fait ça c’est fait tout naturellement. Nos parents nous ont inscrits au conservatoire à 7 ans pour nous donner la possibilité de découvrir la musique et voir si ça nous plaisait. Engus a choisi le violon et moi le violoncelle. Dès qu’on a eu les bases pour jouer, on aimait faire des duos. Après vers 10 ans on a demandé à nos parents de nous acheter une basse et une guitare, puisqu’on jouait déjà des instruments à cordes. Et puis, parce qu’on ne pouvait pas jouer de tous les instruments et pour s’enregistrer, on a demandé à nos parents de nous acheter un ordi et des logiciels pour notre Noël il y a 3 ans.
Grâce à l’association qui s’occupe de la musique électro sur Besançon, Le Citron Vert, on a été formé par des artistes qui ont pris le temps de nous conseiller.
L.L : Comment vivez-vous le fait de travailler entre frère/soeur (pensez-vous que c’est plus difficile ou au contraire plus facile) ?
Eléonore : On a 14 mois d’écart, alors on vit les mêmes choses. On se comprend hyper facilement. On n’a pas de gêne entre nous pour se dire « ce passage il est pourri » ou « ta ligne de voix elle est nulle ». On est très complémentaire : Engus fait ce que je ne sais pas faire, et inversement. On a envie de voir ce qu’on peut construire comme univers musical à nous deux. Si un jour on s’aperçoit qu’on tourne en rond, alors on s’ouvrira à des collaborations.
L.L : Comment conciliez-vous une vie d’ado avec celle de ‘star’ ?
Eléonore : Depuis le début, on s’est fixé comme règle de ne pas en parler au collège et au lycée, pour garder des relations normales avec nos potes. On est discret et nos potes comprennent que c’est mieux comme ça.
L.L :Pouvez-vous décrire votre musique en 3 mots ?
Eléonore : Energie, fun et émotion.
L.L : Comment naît une chanson de Carbon Airways ?
Eléonore : Mon frère compose des boucles sur nos logiciels. Il s’inspire des sons qu’il triture et des idées qu’il a dans la tête et qu’il enregistre sur son iPod. Il me fait écouter pour qu’on choisisse ensemble les ambiances qui correspondent à nos envies. Après, en parallèle, je cherche des voix sur les passages qu’on a sélectionné et Engus de son côté organise la structuration des morceaux. Après on finalise les arrangements ensemble et j’écris les textes.
L.L : Qu’avez-vous pensé de votre show à Rennes ?
Eléonore : On a vécu un moment hyper fort, gravé dans nos cœurs. Mais on garde un super souvenir parce que le public a été réceptif. Car on était conscient qu’avec tout le tapage médiatique de nos difficultés d’avoir l’autorisation de jouer, le public nous attendait au tournant. Quand on a vu la salle pleine, les gens danser avec le sourire sur le visage et qu’à la fin ils nous ont applaudi, c’était une émotion énorme. En plus, on s’est rendu compte de plein de choses pour s’améliorer.
L.L : Que faites vous dans votre vie excepté la musique ?
Eléonore : Depuis un an, on a du arrêter le sport car on pouvait plus jouer les weekends en équipe puisqu’on fait souvent des concerts et qu’on enregistre. Il a fallu faire des choix. Moi je poursuis des cours aux beaux arts en dessin et peinture.
L.L : Supposons que votre carrière musicale s’arrête, que voudriez-vous faire ?
Eléonore : On ne se pose pas la question, on n’a pas d’idée pour le moment. Parfois ça nous inquiète car certains de nos potes ont des idées hyper claires sur ce qu’ils veulent faire. La musique, on ne fait pas ça en pensant à l’avenir.
L.L : Quel est la pire chanson que vous écoutez (que vous aimez pour une raison ou une autre mais vous ne savez pas pourquoi) ?
Engus : Vamos a la Playa – Loona ! j’ai une excuse je fais de l’espagnol…
Eléonore : Quand je t’aime - Demis Roussos ! j’ai pas d’excuse…
L.L : Une mauvaise habitude/toc que vous avez ?
Engus : je craque ma mâchoire.
Eléonore : je surveille tout le temps où est ma carte de cantine.
L.L : Quelle est la chose que vous détestez le plus (interdiction de répondre le racisme, la guerre ou les gens méchants) ?
Engus : les endives.
Eléonore : les chiens frisés.
L.L : Si je vous dit que je peux lire dans le futur, que voudriez-vous savoir ?
Engus : si j’aurai une calvitie
Eléonore : si j’aurai des bonnets 95 D [rires]
L.L : Qu’est-ce que vous voudriez faire dans 15 ans ?
Engus : secrétaire général de Préfecture.
Eléonore : garde du corps.

Interview and photography by Lesly Lynch